Les runes, ætt de Tiwaz (2)

Dans cette série d’articles, nous présenterons les significations des runes.

Continuons avec les dernières runes de l’ætt de Týr.

Laguz

Rune Laguz de l'ancien fuþark
Rune Laguz de l’ancien fuþark

Laguz (qu’il faut prononcer « lagouze ») signifie l’eau, l’eau sous toutes ses formes : sources, mers, rivières, lacs, océans, cascades, etc. Elle est donc un symbole de fluidité et de force implacable.

L’eau est un symbole de vie, de la vie la plus originelle possible : non encore manifestée, la vie en « germe ». Dans la mythologie scandinave, l’eau naît de la rencontre du feu de Muspelheim et de la glace de Niflheim. L’eau y a également une connexion avec le sang : les eaux du monde sont issues du sang du géant Ymir. L’eau est aussi liée de façon étroite à la fertilité de la terre, ce qui relie Laguz à Njörðr (aussi écrit Njord), Vane dieu des mers et des zones côtières, mais aussi à Nerthus, sa sœur, Terre-Mère. La fertilité est associée au poireau – Laukaz (formule utilisée pour apporter prospérité, fécondité, et fertilité) – poussant rapidement grâce à beaucoup d’eau.

Par son lien à l’eau, Laguz évoque aussi les sentiments et l’inconscient. Et, tout comme l’eau, nous devons nous adapter à la situation et évoluer constamment.

Le son associé à la rune Laguz est le l de « lent ».

Inguz

RuneInguz (ouverte) de l'ancien fuþark
Rune Inguz (ouverte) de l’ancien fuþark
Rune Inguz (fermée) de l'ancien fuþark
Rune Inguz (fermée) de l’ancien fuþark

Inguz (qu’il faut prononcer « ine-gouze ») est symbole de fertilité, car elle est la rune du dieu Ing ou Ingwi, divinité masculine de la fertilité et de la descendance. La rune possède deux formes graphiques.

La première forme, un carré, évoque une graine, symbole de fertilité et de tous les possibles. Le carré évoque la terre dans laquelle la graine va croître. Pour cela, la graine a besoin d’eau, l’eau de Laguz. La graine peut aussi évoquer le fœtus dans le ventre de sa mère.

La deuxième évoque la graine qui a germé et commence à pousser, l’enfant va naître et la descendance sera assurée. Le graphisme de la rune Inguz évoque celui de la rune Jēra qui parle de récolte et de moisson.

Le son associé à la rune Inguz est le ng de « parking ».

Dagaz

Rune Dagaz de l'ancien fuþark
Rune Dagaz de l’ancien fuþark

Dagaz (qu’il faut prononcer « dagaze » signifie jour, et plus précisément l’aube et le crépuscule, ces moments où le jour et la nuit basculent de l’un vers l’autre. Symboliquement, on bloque l’un au profit de l’autre, reliant ainsi Dagaz au dieu Heimdall, dieu de la Lumière et gardien du pont Bifröst.

Ces moments de basculement nous évoquent l’histoire de Balder : sa mort engendre des réactions en chaîne qui mène au Ragnarök, le crépuscule des Dieux nordiques. Après la désolation, un nouvel âge d’or s’instaure par Balder après son retour de chez Hell. Cet âge d’or n’aurait pu exister sans la mort de Balder. Ceci est l’illustration du principe que pour changer, il faut « mourir ».

Le son associé à la rune Dagaz est le d de « domaine ».

Ōþalan

Rune Oþalan de l'ancien fuþark
Rune Oþalan de l’ancien fuþark

La rune Ōþalan (que l’on prononce « otholane », avec le « th » anglaise, à défaut « ossalane » ou « otalane ») signifie propriété, surtout une propriété ancestrale et héritée. Elle s’oppose ainsi à Fehu : la richesse n’est plus en mouvement, elle est maintenant attachée à une lignée.

Ōþalan évoque ainsi la lignée de sang et la patrie, elle est la rune de l’identité qui nous fait prendre conscience de notre rôle dans la société et du fait que nous sommes une pierre ajoutée à l’édifice que sont nos ancêtres.

Une signification plus ancienne de la rune Ōþalan est l’enclos. L’enclos est essentiellement un espace protégé de l’extérieur : que ce soit une protection physique ou spirituelle. Chez les Norrois, l’enclos sacré se dit « garðr ». On retrouve ce mot dans le nom des mondes Miðgarðr, qui est l’enclos du milieu (la terre des hommes), ou encore Ásgarðr, l’enclos des Aesir (le monde des Dieux célestes).

Le son associé à la rune Ōþalan est le o de « domaine ».


Pour revenir sur les premières runes de cet ætt, c’est par ici.

Ainsi se termine la série d’articles sur les runes de l’ancien fuþark.

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