Les runes, ætt de Fehu (1)

Dans cette série d’articles, nous présenterons les significations des runes.

Commençons par le premier ætt : l’ætt de Fehu. Cet ætt est la famille d’Audhumla et des runes primordiales qui décrivent des concepts fondamentaux pour l’humanité. Audhumla est la vache née de la rencontre de la glace de Niflheim et du feu de Muspellheim, et génitrice de Ymir.

Fehu

Rune Fehu de l'ancien fuþark
Rune Fehu de l’ancien fuþark

Rune de Freyja, déesse Vane guerrière mais aussi de l’amour et de la fertilité et sœur jumelle du dieu Freyr, Fehu (à prononcer « fé-ou ») symbolise l’abondance et la richesse sous la forme du bétail, ainsi que le contrôle de la nature que cela implique. Cette richesse doit être partagée pour être prospère, sans quoi elle suscitera cupidité et envie, « source de discorde » comme le disent les poèmes norrois et norvégiens dédiés à Fehu. Fehu symbolise également la paix, du moins l’apaisement des esprits lié à ce partage ; cette paix toutefois est fragile face à l’envie et l’appât du gain, qui sont l’envers de la médaille

Par son lien à Freyja, Fehu représente également la douceur féminine, ainsi que la force et le pouvoir féminin : la création, et la procréation. On lui attribue également un lien avec Audhumla. Elle est ainsi l’étincelle primordiale, le mouvement premier, la force qui pousse vers l’avant.

Le son associé à la rune Fehu est le f de « feu », élément auquel elle est associée.

Ūruz

Rune Uruz de l'ancien fuþark
Rune Uruz de l’ancien fuþark

Rune de l’aurochs, bovidé dit primordial, vénéré et craint pour sa puissance, ses cornes et sa taille impressionnante, Ūruz (à prononcer « ourouze ») est l’énergie nécessaire à Fehu pour croître. Elle est donc une rune des forces fécondantes et fertilisantes dont l’Homme a toujours chargé les bovidés. Cette force doit être maîtrisée, car elle peut devenir dévastatrice.

Liée à Urd – dont le nom signifie « ce qui est arrivé » –, l’une des trois Nornes, Ūruz est l’archétype de la Mère, elle procurera une guérison rapide et sans traces.

Ces deux aspects sont repris par le sens que les poèmes norvégiens et norrois : la pluie. Elle peut être providentielle et nourrir voire ressusciter la terre, mais à un mauvais moment ou trop forte elle détruira les récoltes ou même les constructions par inondation.

Le son associé à la rune Ūruz est le ou de « mou ».

Þurisaz

Rune Þurisaz de l'ancien fuþark
Rune Þurisaz de l’ancien fuþark

Rune des géants, les Þurses – ou Thurses – existaient avant les dieux et l’ordre qu’ils instaurèrent, Þurisaz (qu’il faut prononcer « thourissaze » voire « sourissaze ») représente la brutalité et le chaos de la Nature, les forces colossales, implacables et destructrices que seule la nature peut déchaîner : séisme, raz de marée, tempête, éruptions… Malgré tout, rien n’est perdu, les zones dévastées reprennent vie peu à peu.

Le poème anglais associe Þurisaz à l’épine protection, passive, de nombreuses plantes. Elle peut représenter un obstacle à surmonter. Cette épine va engendrer une action soudaine de retrait ; cependant le trop grand nombre des épines va devenir insurmontable.

Le son associé à la rune Þurisaz est le th anglais que les Français prononcent souvent comme un « z » ou un « s ».

Ansuz

Rune Ansuz de l'ancien fuþark
Rune Ansuz de l’ancien fuþark

Rune du dieu Ase pour les germains, rune de l’ancêtre, le « Père de tout » en gotique, Ansuz (qu’il faut prononcer « anessouze ») fait référence à Óðinn – ou Odin. Il est l’un des trois premiers Ases qui ont créé le monde. Óðinn s’est sacrifié pour obtenir le secret des runes. Il a également sacrifié son œil qu’il offrit à Mímir – dieu Ase de la sagesse – afin d’avoir la connaissance totale.

Odin a également insufflé la conscience au premier couple d’humains créés à partir d’arbres : Askr – le frêne, le premier homme – et Embla – l’orme, la première femme. Pour les anglo-saxons, Ós signifie la bouche, qui relie encore cette rune au dieu Odin. En effet, il maîtrise la magie du Galdr, que l’on pourrait traduire par incantation. Le Galdr est une force de magie parlée liée à la poésie où se mêlent la versification et les vibrations des noms et runes chantées. Cela fait ainsi de Ansuz la rune de l’éloquence.

Le son associé à la rune Ansuz est le a de « ma ».


Pour lever le voile sur la suite du premier ætt, c’est par ici.

Découvrez également les conseils des runes

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2 réponses

  1. Pasquale dit :

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