Les runes, ætt de Fehu (2)

Dans cette série d’articles, nous présenterons les significations des runes.

Continuons avec l’ætt de Fehu, le premier ætt.

Raidō

Rune Raido de l'ancien fuþark
Rune Raido de l’ancien fuþark

Rune de la chevauchée pour les anglo-saxons, du chariot pour les nordiques, Raidō (qu’il faut prononcer « ra-i-do ») symbolise le véhicule ainsi que le voyage lui-même, et les mystères qui l’accompagnent. L’idée de chevauchée lui attribue un lien étroit avec la rune Ehwaz. l’étymologie norroise de Raidō semble la rattacher à reidar qui fait référence au bruit que provoque le char du Dieu Thor, c’est le tonnerre céleste.

Nous sommes donc ici dans l’idée de voyage qu’il faut entreprendre volontairement et consciemment, afin d’en percer les mystères. Ce voyage peut-être physique – horizontal, comme celui de Thor – ou spirituel – vertical, comme celui d’Odin chevauchant Sleipnir pour passer d’un monde à l’autre. Un voyage implique un cheminement du départ vers l’arrivée, une évolution. Le proverbe est ici fort à propos : « les voyages forment la jeunesse. »

Le son associé à la rune Raidō est le r de « rune ».

Kaunan

Rune Kaunan de l'ancien fuþark
Rune Kaunan de l’ancien fuþark

Pour les germains et les anglo-saxons, le symbole associé à la rune Kaunan (qu’il faut prononcer « ka-ou-nane ») est la torche. Il semble évident de la rune Kaunan est liée au feu, le feu maîtrisé, créé et dominé par l’Homme. La torche permet d’éclairer les ténèbres, d’explorer l’inconnu, et, par extension, d’apporter la connaissance.

Le feu de la forge permet l’acte magique de transformation du métal brut et vulgaire en objet d’art ou utilitaire. Kaunan est alors la maîtrise technique et la créativité, mais elles ont un prix. Et les significations gotiques du furoncle ou l’inflammation, voire la blessure pour le norrois, le montrent bien : Kaunan représente la putréfaction vue comme un feu intérieur qui, mal canalisé, va détruire.

Le son associé à la rune Kaunan est le k de « kaki ».

Gebō

Rune Gebo de l'ancien fuþark
Rune Gebo de l’ancien fuþark

Rune du don, Gebō (qu’il faut prononcer « guébo ») symbolise le don, qu’il soit fait par générosité (comme le précise l’anglo-saxon) ou par sacrifice. La notion de sacrifice, acte magique en soi, évoque un échange entre les Hommes qui donnent aux dieux pour recevoir de leur part.

Cette idée d’échange existe aussi dan les sociétés humaines. Une des valeurs des sociétés anciennes était l’hospitalité : on se devait de recevoir chez soi le voyageur, qui offrait un cadeau ou un service en retour. Le mariage (autre sens que le norrois donne à cette rune) est aussi un échange entre deux êtres qui se donnent l’un à l’autre, mais aussi entre deux clans ou familles, il tisse des liens entre eux.

Toutefois l’échange de cadeaux (pour sceller une paix par exemple) doit respecter une règle précise : ne pas faire de cadeau au-dessus des possibilités de celui à qui on l’offre (puisqu’il doit en faire un en retour) au risque qu’il se sente insulté voire humilié.

Le son associé à la rune Gebō est le g de « grue ».

Wunjō

Rune Wunjo de l'ancien fuþark
Rune Wunjo de l’ancien fuþark

Rune primordiale du bonheur de vivre, Wunjō (qu’il faut prononcer « ou-ounio ») signifie joie, mais aussi plaisir (pour les anglo-saxons). Elle est parfois associée à la bannière de ralliement du clan, et à la joie de se retrouver en famille. Si Fehu, la première rune de cet ætt, représente le bien-être matériel, Wunjō représente sans contexte le bien-être mental et spirituel. Le lien est aussi sémantique pour le gotique puisque Wunjō y signifie pâturage.

Ce côté familial de Wunjō lie la rune à la déesse Frigg, épouse d’Odin, et déesse de l’Amour, du mariage et de la maternité, et à ce titre la plus importante protectrice des femmes. Elle file les nuages pour tisser les fils des trois Nornes (Urd, Verdandi et Skuld). Ce sont les Normes qui tissent le destin du monde et des Hommes. Elle conseille Odin pour les questions importantes, ce qui fait d’elle la patronne des sibylles, des devineresses et des fées. Odin porte d’ailleurs, entre de nombreux autres, le surnom de Óski, « ce qui a toujours été désiré ». On voit là apparaître les notions de souhaits, de désirs et d’espoirs (comme l’évoque la signification norroise de la rune)

Le son associé à la rune Wunjō est le w prononcé ou de « wapiti ».


Cliquez ici pour revoir le début de cet ætt. Pour lever le voile sur le deuxième ætt, c’est par ici.

Découvrez également les conseils des runes

Partager :

Vous aimerez aussi...

2 réponses

  1. Delphia dit :

    Great article, exactly what I needed.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *