Les runes, ætt d’Hagalaz (2)

Dans cette série d’articles, nous présenterons les significations des runes.

Continuons avec les dernières runes de l’ætt d’Hagalaz.

Ihwaz

Rune Ihwaz de l’ancien fuþark
Rune Ihwaz de l’ancien fuþark

Rune de l’if et de l’arbre du monde qui maintient notre univers en place, Ihwaz (qu’il faut prononcer « èvaze ») signifie l’if. L’arbre du monde est une composante de l’univers, son « pilier central », et symbolise aussi notre environnement par les végétaux. Elle symbolise la solidité qui fixe et canalise l’énergie de Jēra.

L’if est symbole de vie car c’est sempervirent, un arbre « toujours vert », mais aussi symbole de mort à cause de la toxicité de toutes les parties de l’arbre. L’if, et de fait Ihwaz, représente un lien entre les mondes des vivants et des morts. Le mort associée à Ihwaz peut aussi être la mort symbolique du chaman qui entre en transe, comme Odin l’a fait pour découvrir les runes. Et la pratique chamanique appelle à la prudence : il faut une grande maîtrise de soi et une forte stabilité intérieure – psychique dirions-nous aujourd’hui – pour toute pratique chamanique.

Le bois d’if est le bois idéal pour la fabrication des arcs. L’arc permet la ruse pour atteindre sa proie ou son ennemi sans, nécessaire, faire preuve de grande force, mais demande précision et dextérité. C’est le dieu Ull qui est traditionnellement associé à l’arc, ainsi qu’aux skis. Il exprime donc la dureté de la saison froide, « morte ».

Le son associé à la rune Ihwaz est le a du mot anglais « fat », à mi-chemin entre un a et un è.

Perþō

Rune Perthro de l’ancien fuþark
Rune Perthro de l’ancien fuþark

Rune du solstice d’hiver et de la femme ouverte à son environnement, Perþō (qu’il faut prononcer « pertho », avec le « th » anglais) signifie « procédé pour tirer au sort » (en germanique) ou « cornet à dé » (en gotique), pour les anglo-saxons Perþō signifie « pion de jeu de plateau ».

Cette motion de hasard relie également Perþō au destin, et donc aux Nornes qui tissent le destin de chaque individu ; mais également à la naissance, mystère proprement féminin.

Le son associé à la rune Perþō est le p de « papa ».

Algiz

Rune Algiz de l’ancien fuþark
Rune Algiz de l’ancien fuþark

Rune de l’élan, Algiz (qu’il faut prononcer « alguize » est parfois appelée Elhaz, que l’on prononce « élaze ») représente l’environnement humain par les animaux. Algiz est aussi symbole de protection et de défense, apportées par la ramure de l’élan qui terrorise ses ennemis : on dit que personne n’ose, à la simple vue de ses bois, attaquer l’élan et qu’il gagne ainsi sans livrer bataille. On associe parfois Algiz à la laîche, une variété de roseau, dont les feuilles légèrement dentelées sont coupantes. Une autre facette de la protection que procure Algiz est, à l’instar d’Ihwaz, la stabilisation des forces chaotiques.

Elle évoque également, par son tracé, un individu ouvrant les bras pour remercier ou accueillir. Algiz invite donc à la connexion entre les mondes, mais aussi entre la raison et la déraison qui courent dans l’esprit des Hommes. Cette plénitude, expression d’une conscience éveillée, fait d’Algiz un symbole de vie.

Le son associé à la rune Algiz est le z de « zouave » en germanique mais x de « ex » en vieil-anglais ou r de « rouge » en vieux-norrois.

Sōwilō

Rune Sowilo de l’ancien fuþark
Rune Sowilo de l’ancien fuþark

Rune de la soleil (dans les traditions nordiques le soleil est féminin) et de l’équilibre fragile qui maintient notre univers en place, Sōwilō (qu’il faut prononcer « so-ouilo ») symbolise la chaleur féminine, et son pouvoir fertilisant. Son graphisme représente les rayons du soleil. Deux runes Sōwilō l’une sur l’autre à angle droit forme une swastika, symbole ancestral de la course du soleil.

Le soleil est associé au mythe du dieu Balder, qui après avoir été tué, revient resplendissant de gloire, la lumière victorieuse sur les forces obscures des « mondes souterrains ». C’est pourquoi la rune Sōwilō est un symbole de victoire, et du rayonnement qui y est associé.

On revient à cette dualité : la lumière et la chaleur du soleil peuvent être bénéfiques ou destructrices, elles permettent aux plantes de pousser mais peuvent également les brûler…

Le son associé à la rune Sōwilō est le s de « salut ».


Cliquez ici pour revoir le début de cet ætt. Pour découvrir la suite du fuþark, c’est par ici.

Partager :

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *